Le Monde à l'usage
Tour du monde sans avion d'une durée de 17 mois d'un journaliste (Luc Peillon) et d'un photographe (Boris Naudin) en 2004 et 2005. Travail au gré des opportunités dans les pays traversés. Lauréat du concours de carnets de voyage Uniterre, édition 2007. Contact: lucpeillon (aro) yahoo.fr


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22a. Brésil-Amazonie




Dimanche 2 octobre. Tudo bem. Brésil.

La frontière brésilienne est la plus décontractée que nous ayons jamais traversée. Je remplis avec une précipitation naturelle le formulaire d'immigration lorsque la fonctionnaire observatrice me lance un « tranquillou » qui paralyse ma main. Je lève les yeux sur un sourire qui aussitôt m'en arrache un. Plus loin le préposé aux véhicules est embarrassé. Les papiers existent. Où sont-ils ? L'ordinateur ne fonctionne plus. Quelle est la procédure ? Il faut consulter les archives. D'une écriture enfantine, il remplit la liasse de documents, sans même jeter un oeil sur la Datsun. Il connaît quelques mots de français et s'empresse de nous les faire partager. Entre deux rudiments de l'idiome de Molière, à peine compréhensibles, il reprend son stylo. La procédure n'en finit plus. Mais nous sommes bien. Pas d'inquisition ici, pas de suspicion, nous sommes les bienvenus. Bienvenus au Brésil. « Tranquillou ».

 

C'est ensuite la savane. Deux cents kilomètres désertiques jusqu'à Boa-Vista. Nous crevons de soif, oublieux que nous sommes d'avoir acheté de l'eau à la frontière. Une baraque sur le bord de la route, une heure plus tard, nous sauve de la déshydratation. Nous y rencontrons nos premiers Indiens, « civilisés par l'alcool ». Chaque voiture qui passe est un spectacle que le regard vitreux des indigènes suit scrupuleusement jusqu'à sa disparition. L'ennui est ici total, mortel. La plupart traînent dans les hamacs, terrassés comme nous par la chaleur.

 

Boa-Vista nous héberge le soir dans un déprimant hôtel cerné par les églises évangélistes. La ville est minuscule, mais regorge de temples où se donnent à « Dieu » des fidèles enthousiastes, sous l'œil attentif d'un vigile suspicieux. Pas d'autres lieux ouverts en ville ce dimanche soir, nous partons nous coucher de bonne heure.



Lundi 3 octobre. Rorainopolis. 

Mes yeux sont lourds, très lourds. Mes paupières luttent. Fixer un point. Non, regarder partout. Penser. Penser à quelque chose, à quelqu'un. Ouvrir les yeux. Secouer le cou. Secouer la tête. Changer de vitesse, même si c'est inutile. La route est droite et nous sommes seuls. Boris est à ma droite, silencieux. C'est mon tour de conduite. Début d'après-midi. Je ne tiens plus. Nous allons droit à l'accident. Arrêt au premier village : Rorainopolis. Seulement deux cents kilomètres parcourus aujourd'hui. Serons-nous à temps en Bolivie pour le reportage ?



Mardi 4 octobre. Au feu.

La forêt, enfin. Depuis le Sud du Venezuela nous l'attendions. Mais seule la réserve indienne nous permet de la voir de près. Sur plus de cent kilomètres, interdiction de s'arrêter, et plus encore de sortir de voiture. Nous sommes en « zone humaine protégée », celle des Waimiri-Atroari, qui comptent parmi les derniers groupes indigènes du Brésil. Étrange sentiment que de se voir interdit de contact avec un autre groupe humain. Interdit en raison de notre faute, de notre obsession à détruire la faiblesse et la diversité. Nous en longeons rapidement quelques-uns, des hommes équipés de machettes, des femmes aux seins nus et des enfants au milieu. Je ralentis et nos regards se croisent, comme deux étrangers qui se jaugent, comme deux mondes coupés l'un de l'autre pour que l'un d'eux survive. La voiture continue sa mauvaise route, fuyant ces silhouettes qui déjà disparaissent dans le rétroviseur, laissant là ces hommes et ces femmes au plus loin de notre civilisation prédatrice.

Car s'il nous a fallu attendre la réserve pour côtoyer la forêt, c'est parce que celle-ci disparaît. Le drame de l'Amazonie. Un peu partout elle brûle, sous la main incendiaire de l'homme, laissant derrière elle un paysage désolé, des champs d'herbe disparate parsemés de souches calcinées. Régulièrement et sur des centaines de mètres, la ligne de feu grignote les arbres, dégageant un rideau de fumée jaunâtre qui s'élève dans le ciel comme la plainte silencieuse de la forêt assassinée. Près de 25 000 kilomètres carrés sont détruits chaque année. L'Amazonie, déjà, a perdu 20% de sa superficie d'origine.

 

Nous traversons également, ce jour-là, la ligne de l'équateur. « Zéro-virgule-zéro degré de latitude », peut-on lire sur le monument qui, au bord de la route, marque la séparation du globe terrestre en deux. Nous sommes à équidistance des pôles Nord et Sud, posés sur cette ligne imaginaire que survole à cet instant un couple de perroquets. Un reste de rhum traînant sous le siège passager nous accompagne dans cet évènement, dans la chaleur écrasante de la mi-journée, puis nous basculons, pour la première fois du voyage, dans l'hémisphère Sud.



5 octobre. Manaus. 

Arrivés. Nous le sommes. Nous l'ignorons encore mais c'est ici un tournant du voyage. Le dernier. Aucune réponse positive des rédactions en France sur le sujet de la coca bolivienne, nous ne travaillerons pas. Nous ne travaillerons plus. Convaincre Paris par Internet interposé est une épreuve insurmontable que je ne surmonterai plus. Nous n'avons rien publié depuis Mexico et les finances connaissent une baisse qui compromet la poursuite du projet. Nous sommes également dans un cul-de-sac routier et seuls les fleuves, vers l'Est ou le Sud du pays, permettent de continuer. Le coût du passage du véhicule est plus élevé que la voiture elle-même. Il nous faut vendre la Datsun et changer d’itinéraire.



Jeudi 6 octobre. Oasis.

Nous sommes à l'hôtel Kimar les seuls clients réguliers. Les seuls à passer plus d'une heure dans la chambre. Les filles sont jeunes et vieilles à la fois, belles sous leurs rides prématurées, ravagées par la bière qu'elles s’envoient dès 8 heures du matin. C'est ici le quartier rouge de Manaus où pullulent les hôtels bons marchés. Plus loin, la rue Bocaiuva se termine par un pont qui dessert une curieuse partie de la ville. Les maisons pauvres, construites sur pilotis, bordent le lit sec et large d'une rivière fuyant vers le Rio Negro. La terre est fendue, craquelée, déshydratée par la sécheresse. Des silhouettes errent sur le sol déchiré, un sac plastique à la main, les yeux à l'affût d'un trésor abandonné par le retrait des eaux. Le reste du quartier, en hauteur, surplombe le cours marron du fleuve, affluent de l'Amazone et déjà large comme plusieurs fois le Rhône. Les bateaux en contrebas ont été tirés sur le sable. Des hommes s'affairent autour des embarcations. Une musique rythmée remonte de la plage. Le ciel chargé de pluie menace. À l’horizon s'enfuit la forêt infinie.

Tout dans cette cité arrive et repart par bateau. Les marchandises comme les êtres humains. Les containers sont stockés jusqu'au cœur de la ville, tel un mur de métal le long du boulevard côtier. Les cargos mouillent un peu plus loin, sous les grues de déchargement érigées en bordure du fleuve. Manaus est un port international, à mille cinq cents kilomètres de la mer, relié par la route au seul Venezuela. Ancienne capitale mondiale du caoutchouc, concurrencée au début du siècle par la Malaisie, la ville doit sa renaissance au statut de zone franche accordé dans les années 60. Elle compte désormais un million d'habitants, encerclés par des millions d'hectares de jungle.

Nous vendons la Datsun pour une bouchée de pain au propriétaire d'une agence de voyage. Fini la voiture qui, depuis Mexico, nous a conduits sur près de 10 000 kilomètres, d'Amérique du Nord au cœur du Brésil. Nous redevenons piétons, tributaires des bus et des taxis. Et, pour l'instant, d'un bateau, sur le Rio Madeira pour Boris et sur l'Amazone pour moi. Il s'en va vers le sud, peut-être en Bolivie, je rejoins la côte, sûrement jusqu'à Sao-Paulo.

Après un an et quatre mois de voyage en commun, nous nous séparons définitivement.



Mercredi 12 octobre. Abordage.

Il faut traverser la plage et ses détritus, éviter le petit égout qui serpente dans le sable, suivre les porteurs qui, à dos d'homme, déchargent les marchandises. L'embarcadère est au bout, sur ce ponton métallique où une petite foule attend déjà. Le navire doit arriver, dans une heure ou deux. Peut-être plus. Les marchands ambulants font des affaires, les amoureux jouent les prolongations, les mères calment les plus petits. Chacun tue le temps et la chaleur comme il peut.

Puis la foule subitement se rassemble. Un navire va accoster : le « Nilho Correa », deux étages de fer surmontés d'une terrasse protégée. Une sorte de bateau à vapeur du Mississipi, en plus petit et sans la roue. Soudain, c'est l'assaut. L'abordage. Le chacun pour soi. La passerelle métallique est envahie de toutes parts. J'attaque de mon côté le flanc est, repoussant l'avancée, au sud, d'un gamin placé en première ligne par sa mère. Le gosse est coriace, surentraîné. Je vacille et m'appuie, pour éviter la chute, sur l'épaule d'un vieux qui manque de tomber dans le rio. Je capitule face à la famille, préférant lui emboîter le pas et profiter de sa percée. Au plus vite il faut monter, accéder aux meilleures places pour fixer le hamac.

Peine perdue. Le type à l'entrée réclame mon passeport, simple formalité qui fait fondre mon avance. Je rejoins le pont supérieur parmi les derniers et échoue entre deux hamacs déjà collés l'un à l'autre, tendant ma toile au maximum pour me placer au-dessus d'eux. C'est le début de cinq jours de navigation. Cinq jours magiques sur l'Amazone.

À la nuit tombée, le navire quitte le port. Les lumières de Manaus meurent doucement à l'arrière du bateau, une mélodie joyeuse se perd dans l'obscurité, relayée à l'étage supérieur par la stéréo de la buvette-restaurant. La vie commence sur le pont, où chacun s'affaire pour passer au mieux la première nuit sur le fleuve.



Jeudi 13 octobre. Sur l'eau.

La matinée commence par un sourire. Celui de la petite vieille sur ma gauche qui, toute la nuit, n'a pas cessé de me  flanquer des coups de pieds. Je lui rends son rictus, que je prolonge à l'attention de mon voisin de gauche. Son corps doit conserver le souvenir de mon coude, impossible à placer ailleurs qu'entre deux de ses côtes. Chacun s'étire douloureusement. Il faudra ce soir régler les hamacs, même si la marge de manœuvre est des plus limitées.

Je fais rapidement la connaissance de ma voisine de droite, jeune journaliste brésilienne parlant  couramment l'espagnol. Nous rejoignons ensemble, vers 11 heures, la file d'attente du déjeuner. Une table de vingt couverts, longue d'une dizaine de mètres, est déjà occupée par plus prévoyants que nous. Des places se libèrent mais interdiction de s'asseoir avant que tous aient terminé. Je ressens alors, une fois attablé, la pression de ceux qui désormais patientent debout, le regard dans nos assiettes, espérant que nous terminions au plus vite. Il faut engloutir la nourriture, invariablement composée de riz, haricots rouges et d'un morceau de poulet, puis quitter la place au plus vite pour ne pas être le dernier, celui que le regard des affamés fusillera pour sa lenteur.

La journée s'étire doucement. Sur les hamacs, le pont supérieur, à l'avant du pont, à l'arrière, puis à nouveau sur les hamacs. J'adresse la parole au petit vieux, blanc et courbé, qui se déplace si voûté qu'il semble s'écrouler à chacun de ses pas. Il est américain, soixante-dix ans, une barbichette filasse sous le menton, voyage depuis dix mois en Amérique latine et s'exprime dans un accent texan de bouche si édentée que je renonce à poursuivre plus avant la discussion.

À deux emplacements sur ma droite, une mère ravissante et délaissée – comme tant d'autres au Brésil – par son mari, a tendu une toile au-dessus d'elle pour son fils de deux ans. L'enfant fait un cauchemar. Il pleure. « Mamâââ », soupire-t-il au milieu des sanglots, lorsque la jeune femme, dans un geste saturé de tendresse, le saisit sous les aisselles pour le lover contre son corps. L'enfant se calme, il s'endort, petit bout d'homme au bout du monde, qui débute sa vie, seul avec sa mère, dans l'impitoyable Brésil.

Plus loin débattent trois jeunes sourds très bavards, dont l'un d'eux est mon voisin. Je n'entends rien au portugais, et encore moins à celui des signes, mais réponds poliment, par un hochement de tête, aux propos enjoués qu'il me tient plusieurs fois par jour. Je contribuerai plus tard, à la fin du voyage, à la mini quête organisée au bénéfice du cercle des malentendants brésiliens.

« Vito, Vito, venga! »  Il y a aussi Vito, six ou sept ans, à qui sa mère interdit de s'éloigner de plus d'un mètre du hamac maternel. L'enfant est sage, trop sage, condamné à errer autour de sa génitrice, scrutant avec envie les autres gosses qui jouent avec ferveur sur le pont du bateau. À l’heure du repas, elle lui donne la becquée, trois cuillerées pour elle, une demi pour lui, et Vito et ses grands yeux souriants mais plein de tristesse, dépassant à peine de la table, se perdent dans les regards vitreux des adultes affamés.



Vendredi 14 octobre. SuperNature. 

Deux rangées d'arbres escortent le fleuve depuis notre départ. Deux murs de verdure, de chaque côté, qui enferment le regard. Sous la coque du navire, les eaux marron s'écartent, si sombres et denses qu'elles en paraissent crémeuses. Le ciel est d'un bleu pâle, que des nuages dodus et irréels traversent nonchalamment. La nature ne possède ici que trois couleurs, mariées à l'infini sur des centaines de kilomètres. Le soir venu, la cime des arbres se dessine dans la pâleur de la lune, la surface de l'eau devenue noire scintille, quelques cris d'oiseaux retentissent en bordure du fleuve, la forêt s'éveille tandis que le bateau s'endort. 



Samedi 15 octobre. Préchi-précha.

Le Lévitique me fatigue. Yahvé est d'une violence inouïe et ses listes répétitives des différentes interdictions trahissent une rédaction bien trop humaine de la parole divine. Lire la bible est le plus sûr moyen, pour qui l'a, de perdre la foi. C'est pourtant le seul ouvrage francophone qu'il me reste, et ses 2200 pages doivent durer jusqu'à ma prochaine rencontre avec un compatriote. C'est un hasard pour moi de lire ici ce livre, au milieu d'une dizaine d'autres passagers chargés du même ouvrage. Tous doivent m'imaginer d'une piété exemplaire, penché sur le texte sacré plusieurs heures par jour. Je souffre pourtant depuis la Genèse et attends avec impatience le Nouveau Testament. Je peste, par ailleurs, à l'encontre d'une veille bourgeoise, logeant dans l'une des dix cabines, et venant jusqu'à tard le soir prêcher auprès des pauvres dans les hamacs. Son prosélytisme nocturne m'est insupportable et dans un « portugnol » hésitant, je libère chaque nuit mes compagnons d'insomnie de cette empêcheuse de somnoler en groupe.



Dimanche 16 octobre. Fausse arrivée. 

Nous ne serons pas ce soir à Bélem. Un moteur a cassé et le bateau se traîne. Tant mieux, car les abords du fleuve sont aujourd'hui merveilleux. La forêt débute dans l'eau, les arbres plantés dans l'Amazone, entourant ça et là une maison isolée bâtie sur pilotis. Une femme lave son linge, une gamine saute d'un ponton, une barque emmenée par le chef de famille dérive un peu plus loin. Le soleil bientôt couchant brille sur les eaux sombres du fleuve. Des dauphins roses font les intéressants. Le paysage est un film qui défile sous nos regards.

Nous faisons rapidement une halte imprévue au bord de trois maisons. L'Amazone est trop basse, il faut attendre la marée. Nous trépignons tous sur le pont, trop heureux de pouvoir mettre un pied à terre. Mais le bateau est appuyé contre un autre navire qu'il faut traverser dans sa largeur pour atteindre le quai. La grosse barque transporte plusieurs centaines de troncs d'arbres, petite montagne de bois bientôt assaillie par la foule des passagers. Nous escaladons les rondins, puis basculons de l'autre côté.

Les trois baraques sont reliées les unes aux autres par un ponton en bois. L'une d'elles abrite un débit de boisson, vide à notre arrivée et désormais plein à craquer. La bière coule à flot. Les verres s'entrechoquent. Une excitation collective règne dans ce cabanon planté en bordure du fleuve. Au milieu de nulle part. Nous savons l'arrivée proche. Sûrement au petit matin. Et après quatre jours d'un voyage éprouvant, la perspective de mettre fin à cette promiscuité ravit chacun de nous.



Lundi 17 octobre. Bélem.

Cinq heures du matin. Les fermetures-éclair grincent autour de moi. Les sacs se referment, les passagers font leurs bagages. La plupart des hamacs ont disparu, laissant au pont son allure métallique, vide, triste. Les gosses errent autour de leur mère, les yeux embués, pleins d'un sommeil trop vite interrompu. Je suis le mouvement général et saute sur le quai. Quelques adieux rapides à ceux encore présents. Mais déjà les passagers s'éparpillent. Je remonte l'avenue qui longe le port. Bélem est plongée dans le noir. Après cinq jours de vie communautaire, comprimé entre 140 personnes, me voilà seul, le long de cette rocade triste à se rendormir. Un taxi freine. Je négocie à peine. Hôtel Fortaleza. Il est trop tôt. Gilda me fait patienter sur le canapé. Je m'endors.

Bélem, ancien point de départ des missionnaires portugais, est pour moi un point d'arrivée. L'Amazonie est derrière moi. Je suis sur la côte brésilienne, face à l'Atlantique, d'où je quitterai d'ici un mois et demi le continent sud-américain. Aucun cargo direct pour l'Afrique noire, plus de travail en vue, je choisis de rentrer directement en Europe. L'Afrique, sûrement une autre fois, un voyage en soi, le prochain peut-être. Pour l'heure je découvre le Brésil côtier, dont Bélem constitue la plus septentrionale des villes. Je tente de m'y reposer, de récupérer un peu de ces cinq jours de navigation fluviale, merveilleux mais éprouvants.



Publié le 12/12/2006 à 01:52, dans 994. Brésil, Manaus
Mots clefs : Amazonie
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flash (!)

j'ai l'immense plaisir de vous lire depuis ce matin, et impossible de detacher mes yeux de votre long recit!..j'ignore pourquoi, mais a ce stade de la lecture, j'ai des flashs sur la misère de ce monde....ce, "ça pue" balancer comme ça, m'a presque boulversée....la photo du minot, vos propos, ..un vaste ensemble de choses bien reelles et si cruelles!....
...si des "félicitations" pourraient etre de rigeur, elles me parraissent un peu piètre et peut-être même mal venue......préférant alors un : <<prenez soins de vous>>

Catherine

Publié par Catherine à 23:21, 2/09/2007

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