Le Monde à l'usage
Le Monde à l'Usage. Tour du monde sans avion d'une durée de 17 mois d'un journaliste (Luc Peillon) et d'un photographe (Boris Naudin) en 2004 et 2005. Lauréat du concours de carnets de voyage Uniterre (édition 2007).

Disponible en version livre papier ou ebook sur Amazon

Sur Facebook

Contact: lucpeillon(aro)yahoo.fr


Menu

» Accueil
» Qui suis-je ?
» Mon itinéraire
» Livre d'or
» Album photos
» Archives
» Mes amis

Rubriques

* Avant de partir
* Infos Amériques
* Infos Asie
* infos Moyen Orient
* Infos traversée du Pacifique
* Itinéraire
* Liens
* Musiques
* Vidéos par pays
** carnet sonore Paris 10e
***********************
1. De Paris à Istanbul
2. En Turquie
3. En Irak
4. En Iran
5. Au Pakistan
6. En Chine
7. Hongkong
8. Vietnam
9. Cambodge
91. Thaïlande
92. Malaisie
93. Singapour
94. Traversée du Pacifique
95. Etats-Unis
96. Mexique
97. Guatemala
98. Salvador
99. Nicaragua Costa Rica
991. Panama
992. Colombie
993. Venezuela
994. Brésil
995. Traversée Atlantique


 

Mardi 21 septembre. Ispahan.

 

Vendue dans tous les guides comme la plus belle ville d'Iran, joyau du troisième empire perse, Ispahan regorge de magnifiques mosquées aux dômes couleur azur. Une teinte paraît-il apaisante, parfaitement indiquée pour la prière et le recueillement. Mais entre chacun de ces bijoux architecturaux, la commune n'a pas su créer de lien. Les arbres artificiels clignotants, tant prisés au Moyen-Orient, ont enlaidi la ville, et la circulation anarchique entretient une pollution et un stress permanents. Le plus déroutant dans cette cité hétéroclite reste les âmes qui la peuplent. Ses habitants ne sont pas seulement fiers, ils sont suffisants. Les regards dans les bus sont agressifs, les réponses aux questions lapidaires et erronées. Nous fuyons rapidement la ville pour le désert. Yasd, foyer du zoroastrisme, religion qui a dominé la Perse jusqu’à la conquête arabe, nous attend.

 

 

Vendredi 23 septembre. Yazd.

 

Nous respirons enfin. Après Téhéran et Ispahan, cette charmante bourgade aux portes du désert est un havre de paix. Construite en forme de labyrinthe, dans lequel nous nous perdons joyeusement, elle fourmille de surprises urbaines et de cœurs chaleureux. Yazd nous offre le repos dont nous avions tant besoin, avant de nous frotter à la cohue du Pakistan et, aux dires de Boris, à l'intérêt immodéré de ses habitants pour tout ce qui ressemble, de près comme de loin, à un occidental. Les invites à boire le thé sont parait-il incessantes et nous devons, à chaque pas, décliner, dans l'ordre, notre nationalité, notre âge et notre situation maritale. Avec un conseil pour cette dernière rubrique : préciser, quelles que soient les circonstances, que nous sommes bien mariés, et que nos femmes, malheureusement, n'ont pu se joindre à nous. Restées en France, à la maison, retenues par les tâches quotidiennes du foyer : voilà qui devrait faire couleur locale.

 

Pour ma part, ma moitié sera X, dont je préciserai avec bonheur tous les attributs qui justifient, à mes yeux, l'affection que je lui porte. Une femme réelle pour une histoire imaginaire, à moins que celle-ci ne vienne prochainement jusqu'en Chine infirmer mes mensonges. Pour mon plus grand bonheur.

 

 

Samedi 24 septembre. Presse dure.

 

L'Afghanistan continue de nous hanter. Dans quinze jours, le premier scrutin présidentiel depuis l'intervention américaine devrait y concentrer tous les objectifs de la planète. Mais les réponses des rédactions sont impitoyables : chacune y dépêche son correspondant régional, grand reporter ou envoyé spécial. Difficile de se faire une place. Les candidats se bousculent à l'échafaud.

Nous assurons cependant nos arrières, au cas où les dernières niches, tels le Berry Républicain ou le Courrier Picard, consentaient, dans un élan de générosité, à débourser quelques euros pour financer deux pauvres pigistes, prêts à braver les Talibans et les seigneurs de la guerre pour quelques feuillets exclusifs et mal payés. Nous avons donc pris contact avec Célia, jeune journaliste habituée du pays, et sommes convenus d'un rendez-vous dans quelques jours à Peshawar, au Pakistan, où nous partagerons ensemble un taxi et un garde armé pour nous rendre à Kaboul. Mais même la PQR semble peu encline à s'engager. Je crains que nous ne filions dans l'Ouest chinois plus rapidement que prévu.

 

 

Lundi 26 septembre. Zahedan.

 

Nous sommes passés cet après-midi devant Bam, ville deux fois millénaire, détruite en mai dernier par un tremblement de terre, causant la perte de 45 000 de ses habitants. Sur plusieurs dizaines de kilomètres, les maisons éventrées ou tout à fait détruites bordent la route, dans un amas de briques et de charpentes en bois. Zahedan, 200 kilomètres plus à l'est, ville frontalière et hostile, nous accueille froidement après une nuit de train et une journée de bus. Nous sommes épuisés. Boris est malade. Il souhaite faire des analyses de selles à Islamabad. Sans doute ses amibes contractées en Inde l'an passé se rappellent-elles à son souvenir. Nous poursuivrons demain par une quinzaine d'heures de bus jusqu'à Quetta, avant une grosse vingtaine le surlendemain pour rejoindre la capitale pakistanaise.


Publié le 11/01/2007 à 17:00, dans 4. En Iran,
Mots clefs :
Ajouter un commentaire

<- Page précédente | Page suivante ->